Interview IPSA One

Une passion : la conquête spatiale




Tout est parti d’un constat : habituellement de gros satellites sont envoyés dans l’espace et quand un problème technique survient, le satellite est abandonné là où il est. Il y a 20 ans, des chercheurs américains ont proposé d’envoyer de petits satellites, ou CubeSat, moins chers à concevoir et à lancer. C’est ici que l’aventure commence.  

Les faits

La durée de vie d’un petit satellite après son lancement est de 6 à 8 mois, son usure étant principalement liée au frottement atmosphérique. Ensuite, le CubeSat redescend sur terre et n’est plus utilisable. Or, il existe un marché des petits satellites s’inscrivant dans ce que l’on nomme le « new space », qui donne à de petites structures comme les universités ou les grandes écoles l’opportunité de participer à l’exploration de l’espace. C’est dans ce contexte que 52 étudiants de l’IPSA (dont 15 étudiantes), en partenariat avec le CNRS, imaginent IPSA ONE, un projet visant à concevoir un propulseur plasma qui pourrait doubler la durée de vie d’un petit satellite.

Une task force en action

L’équipe menée par Baptiste Rubino-Moyner s’est organisée en mode « projet » : mise en place d’un tableau de bord, management de l’équipe par un bureau de 4 à 5 personnes dont une étudiante, Norane Rageh, responsable du projet BEPPO (formation des nouveaux arrivants pour les aider à prendre leurs marques sur un projet spatiale). Les tâches ont été réparties selon les besoins du projet et les spécialisations de chacun : ordinateur de bord (programmation, électronique embarquée) avec Chris de Claverie, télécommunication (design des antennes du satellite et de la station sol) avec Guillaume Martignole et bien-sûr recherche de financement avec Ali Kajeiou. L’équipe consacre 15 heures en moyenne par semaine au projet en plus des heures de cours.

Les bienfaits de l’expérience

Au-delà de la conception du moteur, le management de l’équipe apprend à gérer des personnalités différentes, à respecter un planning, à confronter temps passé et temps de réalisation et surtout à entretenir la motivation tout en gardant le cap. Autre levier crucial en phase d’apprentissage : l’appropriation des cours théoriques est maximisée par la mise en pratique. Autant d’atouts utiles pour l’avenir.

Que retenez-vous de cette expérience ?

« Pourquoi avoir participer à Coup2boost ? D’abord pour optimiser notre pitch, ensuite pour maintenir la motivation et enfin pour rencontrer des investisseurs. » nous explique Baptiste.
« La présentation du projet devant des entreprises, c’est aussi la reconnaissance du travail par rapport au temps passé. La génération d’un premier retour sur investissement : le travail fait depuis deux ans a été salué et reconnu par des entreprises comme Capgemini qui est devenu partenaire du projet. » Premières retombées : Capgemini a invité l’équipe à pitcher à Vivatech et son réseau est aujourd’hui déterminant pour les aspects techniques, de communication et de financement.

Et après ?

Baptiste et son équipe aimeraient à terme créer leur entreprise dans le spatial, multiplier les rencontres avec d’autres ingénieurs ou chercheurs. Mais en attendant, la première itération de l’ordinateur de bord est en cours. Cet été avec Jordan Culeux, Baptiste sera en stage au CNRS d’Orléans pour continuer à travailler sur le propulseur en chambre à vide. Et en octobre, l’ouverture d’un crowdfunding sera lancée, ainsi que la participation à d’autres concours liés au spatial. La conquête spatiale continue !