Interview Ambrosia farm

Une ferme à la bonne mesure




Comment une idée toute simple et clé en main donne aux restaurateurs les moyens d’agrémenter chaque jour leurs plats en herbes aromatiques, fraîches et écologiques ? La recette multiculturelle de cinq étudiants en quelques mots.  

Le Politecnico di Milano est une université italienne pluridisciplinaire qui propose à ses étudiants un Master « Innovation & entreprenariat » en partenariat avec la Solvay Brussels School. Cet enseignement offre à des étudiants issus de spécialités et de cultures différentes l’opportunité de mener un projet de start-up sur le sujet de leur choix pourvu qu’il soit innovant.

Une histoire de goût

C’est ainsi que Navid Ardakanian étudiant iranien en agronomie, Sarah Tioli étudiante italienne en business-administration, Edoardo Colaizzo étudiant italien en finance et comptabilité, Riccardo Fredro étudiant italien en marketing et Margaux Pagès étudiante française en droit international, s’associent en septembre 2018 pour monter une start-up au nom évocateur d’Ambrosia. Ils sont tous les cinq passionnés par la production alimentaire de demain et c’est dans ce domaine qu’ils vont trouver l’inspiration. Leur idée : créer une ferme urbaine d’intérieur basée sur une technologie dont la taille est adaptable à la surface des appartements ou des cuisines des restaurants.

Clair comme de l’eau de roche

Le modèle économique d’Ambrosia repose sur un revenu fixe assuré par la vente d’un module customisable et sur un revenu variable avec la fourniture mensuelle ou trimestrielle des graines. La technologie choisie, l’hydroponie, est déjà éprouvée. On utilise uniquement de l’eau, les graines sont posées sur des « éponges » (laine de verre) et un système automatisé règle tout. Avant de se lancer, nos étudiants mènent une étude de marché auprès de leurs deux cibles via un questionnaire et analysent les premières réponses.

Quand un produit rencontre son marché

« Ce sont les restaurants qui sont les plus intéressés, parce que leurs dépenses en herbes aromatiques sont importantes et pèsent donc directement sur leur rentabilité » explique le groupe. « À titre d’exemple, un kilo de basilic vaut en moyenne 100 euros ! Ils comprennent vite qu’ils feraient des économies substantielles en produisant eux-mêmes leurs herbes. »

Et Coup2Boost pour plus de croissance

« C’est l’université qui nous a informé du concours et nous avons décidé d’y participer pour mesurer la pertinence de notre projet aux marchés et aux entreprises », précise Margaux Pagès. Un test grandeur nature et deux victoires. La première pour le travail accompli : il n’aura fallu que quatre mois pour acquérir un premier client ! La seconde pour la cohésion de l’équipe : en trois semaines elle était constituée. Ensuite, l’énergie devient positive. On apprend plus vite, on a moins peur, on prend des risques et les responsabilités qui viennent avec. Et pour trouver une solution, on transforme les problèmes en leviers d’action.

Une réussite collective

L’accompagnement des professeurs est aussi primordial. Ces serial entrepreneurs (Olivier Witmeur, Benjamin Beeckmans) sont d’excellents mentors, ils ont aidé à penser autrement lorsque cela était nécessaire. L’équipe enfin : « on est différents mais proches, avec tous une mentalité entrepreneuriale : recherche d’indépendance, de liberté, envie d’avoir de l’impact pour la société, de se rendre utile et la volonté de prendre de l’initiative », souligne Margaux Pagès.

Et demain ?

D’abord un deuxième client et l’installation de la première ferme dans un restaurant. Ensuite une négociation, après un pitch validé, pour l’intégration de l’équipe dans un incubateur de Bruxelles « Startup Factory » qui apporterait au projet un financement de cent mille euros et un accompagnement pour monter la start-up !